Sacha
J'ai envie de
vous parler de cette jeune fille, Alexandra Goulida, Sacha, Tochik. Je l'ai connue à Saint-Pétersbourg. Mon ex-mari connaissait bien sa mère. Avec Sacha, nous n'étions pas amies, mais on se
côtoyait régulièrement au travail. Elle se débrouillait très bien en français et en anglais. Un peu garçonne, renfermée, très intelligente. Elle se cherchait un peu, même si elle faisait des
études supérieures, poussée par sa mère, professeur d'université.
Sacha est morte en Thaïlande, lors du tsunami du 26 décembre 2004. Elle y travaillait comme guide-interprète. Elle avait 23 ans.
Je me souviens de la façon dont j'ai appris sa mort. Un soir, tard, j'avais le nez plongé dans mon ordi, la télé allumée derrière moi sur la chaîne régionale de Pétersbourg. Son nom de famille,
Goulida, assez rare, a retenu mon attention et j'ai levé la tête. J'ai vu sa photo en plein écran. La première réaction, c'est l'étonnement, l'incrédulité. Ces drames ne peuvent pas arriver à des
gens qu'on connaît.
Elle avait trouvé un travail intéressant dans une agence de voyages. Un mois de décembre au soleil, loin du froid et de la
gadoue, ça suffit à rendre heureux tout Pétersbourgeois qui se respecte. Pour Sacha, née en décembre, c'était un rêve d'enfant que de fêter son anniversaire dans un endroit paradisiaque. Elle
était tombée amoureuse. Tout allait bien. Mais comme on dit, mauvais endroit, mauvais moment... Elle résidait à Phuket. Ce jour-là, elle venait d'arriver au Sofitel Magic Lagoon de Khao Lak pour
retrouver ses touristes russes. L'hôtel a été ravagé. La vague l'a frappé de plein fouet. On a retrouvé des traces d'eau à plus de 10 mètres de hauteur. Des arbres déracinés. Plus de 200
personnes sont mortes dans cet hôtel. Sacha repose dans une fosse commune. Son compagnon qui travaillait pour la même agence a survécu. Il était resté à Phuket.
Пусть земля будет тебе
пухом.