Angela (Angelina, Angiolina) Xindavelonis, née
Bosio
1830,
Turin - 1859, Saint-Pétersbourg
Curieuse (ficanas comme on dit chez moi
à Nice), j'ai ensuite cherché quelques informations sur cette femme morte si jeune. C'était une des plus grandes cantatrices de son époque. Après des débuts à Milan, Angiolina Bosio s'est
produite à Madrid, Copenhague, New York, Philadelphie, Boston, Paris, Londres... C'est peut-être en Russie qu'elle a été la plus aimée du public. Engagée à de brillantes conditions en 1855,
sa vie pétersbourgeoise n'est faite que de succès et de triomphe. Une sorte de folie s'emparait du public de la capitale russe devant le talent délicat et pur de la jeune soprano. Rossini et
Verdi occupaient une place importante dans le répertoire d'Angiolina Bosio. Elle est notamment la première Violetta de la scène russe. Voici ce qu'écrivait Hector Berlioz à propos d'Angiolina
Bosio dans une lettre au comte Michel Vielgorski datée du 15 septembre 1855:
" Monsieur le comte,
Permettez-moi de vous présenter M. et Mme Xindavellonis. Madame Xindavellonis, dont le nom d'artiste (Mme Bosio) vous est bien
connu, est une cantatrice incomparable, qui réunit la grâce à la verve, la légèreté au style expressif. Vous en serez tous ravis à Saint-Pétersbourg comme nous le sommes à
Paris.
Votre tout dévoué,
H. Berlioz. "
("Histoire du théâtre Ventadour", par Octave
Fouque, 1881)
Angiolina Bosio lors de la première de "Luisa Miller" de
Verdi à l'Opéra national de Paris, en 1853
En 1859, elle tombe subitement malade. Les bulletins sur sa santé sont publiés dans la
presse. Sa mort prématurée émeut les mélomanes et le grand public. Une foule immense assiste à ses obsèques à l'église catholique Sainte-Catherine sur la perspective Nevski. Angiolina Bosio a
été initialement inhumée au cimetière catholique dans le quartier de Vyborg. Lorsque le cimetière a été supprimé dans les années 1930, ses restes (ou le monument funéraire uniquement?) ont
été transférés à la laure Alexandre-Nevski.
Le "climat meurtrier" est au banc des accusés dans la "Biographie Universelle des musiciens" de F.-J. Fétis (1878):
"C'est en chemin de
fer, en revenant de Moscou à Saint-Pétersbourg, qu'elle eut l'imprudence de baisser la glace de la portière auprès de laquelle elle se trouvait; il faisait un de ces froids vifs et secs qui
surprennent sans pitié des constitutions plus robustes que ne l'était la sienne. En arrivant dans la capitale de la Russie, la pauvre artiste était mortellement atteinte ! Malgré les soins
les plus dévoués, elle expira, le 13 avril 1859, au milieu de la douleur universelle."