Culture, histoire, Saint-Pétersbourg...


La visite commence (question
de place) par la fin de l'expo, avec la nouvelle Russie pétersbourgeoise, la Russie de Pierre le Grand et de ses successeurs. Pour accueillir les visiteurs: l'imposante
maquette du couvent Smolny de Saint-Pétersbourg tel que l'avait projeté Rastrelli, l'architecte fétiche de l'impératrice Elisabeth. L'avènement de Catherine II, qui à l'inverse d'Elisabeth n'appréciait pas le baroque (ou qui était près de ses
sous, au choix), a empêché la construction de l'énorme clocher. La maquette montre donc ce que
devait être l'ensemble Smolny. Elle date de la période de construction, milieu du XVIIIe siècle, et a été réalisée à l'échelle 1/62. La maquette s'est révélée indispensable
lors de la construction. Elle est démontable et se compose de 95 pièces distinctes. Ainsi, l'église s'ouvre pour laisser voir l'aménagement intérieur. Même chose pour les
bâtiments d'habitation. Ce n'est pas la seule maquette à l'exposition, mais c'est la plus ancienne et assurément la plus impressionnante.
Si la plus célèbre des icônes, la "Trinité" d'Andreï Roublev, est restée à la galerie Trétiakov de Moscou, on
peut admirer son "oklad" (revêtement) précieux, l'oeuvre des meilleurs orfèvres du Kremlin. C'est de l'or, pas de l'argent doré ! Le revêtement (qui
recouvrait la peinture à l'exception des visages, des mains et des pieds des anges) a été séparé de l'icône en 1918. Cette parure a été offerte par le tsar Boris Godounov à
l'église de la Trinité du monastère de la Trinité-Saint-Serge pour l'icône de Roublev. Du parement datant d'Ivan le Terrible, subsistent encore les nimbes,
les trois couronnes des anges... Au cou de l'ange du centre est suspendue une chaîne avec une "panaghia" (sorte d'encolpion, médaillon) d'or offerte par le tsarévitch
Fédor, fils de Boris Godounov. La "panaghia" est enrichie de perles et de pierres précieuses et d'un camée byzantin de saphirine attribuable au Xe ou au XIe. L'oklad a été complété
par le tsar Michel Romanov en 1626. Les trois colliers (цаты) attachés aux nimbes ont alors remplacé ceux offerts par Ivan le Terrible. Ce revêtement est donc lié à la fois à
Ivan le Terrible, dernier grand représentant de la dynastie Riourik, à l'époque de transition de Boris Godounov et à Michel, le premier tsar de la dynastie Romanov. Diamants, émeraudes,
rubis, saphirs, rubellites, spinelles, grenats, saphirines, quartz, chrysoprases...
Ce n'est pas l'or qui manque à cette expo ! Ainsi ce magnifique diadème (XIIe s.) provenant d'un trésor
découvert à Kiev au XIXe s, aujourd'hui conservé au musée Russe de Saint-Pétersbourg. Le thème traditionnel de la "Déisis" est représenté en émail cloisonné:
le Christ au centre, entouré de la Vierge et de saint Jean-Baptiste intercédant pour le Salut de l'humanité, auxquels s'associent les archanges Michel et Gabriel, et les apôtres Pierre et
Paul.

De l'or, toujours: un splendide
calice moscovite du XVe s. avec une élégante coupe en pierre dure. Ce calice est un don du grand-prince Basile II au monastère de la
Trinité-Saint-Serge (comme l'indique une des inscriptions sur le pied).






